Un retrait avant cinq ans ferme automatiquement le plan et taxe les gains à 31,4 %, prélèvements sociaux inclus. Passé ce cap, l’impôt sur le revenu disparaît, mais les prélèvements sociaux restent dus, quel que soit le montant retiré. Entre ces deux régimes, l’écart se chiffre parfois en plusieurs milliers d’euros sur un portefeuille pourtant modeste. Comprendre pourquoi ce seuil existe permet de calibrer ses versements dès l’ouverture du plan, plutôt que de le découvrir au moment de retirer son argent.

Miser sur le long terme avec un PEA change la donne fiscale

Le plan d’épargne en actions repose sur deux comptes liés : un compte-titres qui héberge les actions et les fonds, et un compte en espèces qui sert aux achats, aux ventes et au versement des dividendes. Tant qu’aucun retrait n’a lieu, aucune imposition ne s’applique sur les gains accumulés, quelle que soit leur ampleur. De fait, miser sur le long terme avec un PEA revient concrètement à accepter cette immobilisation de cinq ans en échange d’un régime fiscal qu’aucun compte-titres ordinaire ne propose. Le compteur démarre au premier versement, non à la date du premier achat d’actions. Un détail que beaucoup découvrent trop tard.

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Les titres logés dans le plan doivent respecter un périmètre précis : actions ou titres assimilés de sociétés dont le siège est situé en France, dans l’Union européenne, en Islande ou en Norvège, et soumises à l’impôt sur les sociétés. Les fonds, Sicav ou FCP, restent également accessibles, à condition d’investir au moins 75 % de leurs actifs dans ce même type de titres. L’ouverture reste réservée aux personnes physiques majeures fiscalement domiciliées en France, à raison d’un plan par personne.

Un retrait avant cinq ans coûte cher, sauf exceptions précises

Sortir avant l’échéance entraîne, dans la grande majorité des cas, la clôture pure et simple du plan. La loi prévoit toutefois quelques cas d’exonération : création ou reprise d’entreprise dans les trois mois suivant le retrait, licenciement, invalidité, ou mise à la retraite anticipée du titulaire, de son époux ou de son partenaire de Pacs. Le décès du titulaire ferme lui aussi le plan, mais sans pénalité sur les gains accumulés. En dehors de ces situations, les gains subissent le prélèvement forfaitaire unique de 12,8 %, auquel s’ajoutent 18,6 % de prélèvements sociaux, soit 31,4 % au total. Sur une plus-value de 10 000 €, l’addition grimpe à environ 3 140 € rien qu’en impôts et cotisations. Le même gain retiré après cinq ans n’aurait supporté que les prélèvements sociaux, soit 1 860 €.

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Après cinq ans, la règle change du tout au tout

La loi Pacte de 2019 a assoupli ce fonctionnement : un retrait partiel après cinq ans ne ferme plus le plan, et de nouveaux versements restent possibles tant que le plafond, fixé à 150 000 €, n’est pas atteint. Avant cette réforme, il fallait attendre huit ans pour retirer de l’argent sans conséquence sur la poursuite du contrat. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, le taux des prélèvements sociaux est passé de 17,2 % à 18,6 % dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale, une hausse qui s’applique à tous les PEA, anciens comme récents. L’impôt sur le revenu, lui, reste nul dès lors que le seuil des cinq ans est franchi.

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Ce plafond de 150 000 € ne concerne que les versements, pas la valorisation du plan : un portefeuille peut légitimement dépasser ce montant grâce aux plus-values accumulées. Pour les investisseurs qui visent les petites et moyennes entreprises européennes, le PEA-PME complète l’enveloppe jusqu’à 225 000 € cumulés avec le PEA classique. Un couple marié ou pacsé peut cumuler deux plans de chaque type, ce qui porte la capacité de versement du foyer à 450 000 € au total.

Le temps améliore aussi le rendement, pas seulement la fiscalité

L’absence de taxation annuelle sur les dividendes réinvestis et les plus-values latentes joue un rôle que peu d’épargnants mesurent correctement. Chaque euro qui aurait dû partir en impôt reste investi et continue de produire des gains, année après année. Le baromètre de l’AMF publié en décembre 2024 mesure pourtant un rendement moyen déclaré par les épargnants de 4,6 % par an, loin des 12,8 % annualisés qu’a délivrés le CAC 40 dividendes réinvestis sur la même période de cinq ans. L’écart s’explique surtout par les arbitrages fréquents et les frais accumulés, deux réflexes qui pénalisent justement les stratégies pensées sur la durée. Sur dix ans, l’indice MSCI World affiche de son côté une performance annualisée proche de 11,6 %, un rappel que la diversification géographique reste possible au sein même du plan.

Le seuil des cinq ans n’a donc rien d’arbitraire. Il détermine à la fois le régime fiscal applicable et la capacité du capital à se reconstituer sans frottement fiscal. Fixer un horizon de placement avant d’ouvrir un PEA, plutôt que d’improviser en cours de route, évite la plupart des mauvaises surprises décrites ici.