Répartition des salariés selon le niveau d’exposition
Données en pourcentage par catégorie et niveau d’exposition
| En % | Ensemble des salariés | Exposition très élevée | Exposition élevée | Exposition modérée | Peu ou pas d’exposition |
|---|---|---|---|---|---|
| Sexe | |||||
| Hommes | 57,1 | 69,5 | 57,6 | 53,7 | 46,7 |
| Femmes | 42,9 | 30,5 | 42,4 | 46,3 | 53,3 |
| Âge | |||||
| Moins de 30 ans | 20,1 | 22,5 | 22,9 | 21,7 | 13,5 |
| 30-39 ans | 25,5 | 28,5 | 22,6 | 26,4 | 24,3 |
| 40-49 ans | 26,2 | 25,4 | 25,9 | 22,6 | 30,4 |
| 50-59 ans | 23,9 | 21,3 | 25,9 | 22,6 | 25,5 |
| 60 ans et plus | 4,4 | 2,3 | 2,7 | 6,7 | 6,2 |
| Catégorie socio-professionnelle | |||||
| Cadres, sans activité d’encadrement | 14,1 | 1,5 | 3,9 | 21,3 | 30,9 |
| Cadres, avec activité d’encadrement | 6,9 | 0,5 | 3,3 | 10,1 | 14,2 |
| Professions intermédiaires (PI), sans activité d’encadrement | 20,8 | 11,3 | 18,9 | 26,9 | 27,2 |
| PI, avec activité d’encadrement | 5,6 | 5,5 | 7,1 | 5,3 | 4,4 |
| Employés | 24,3 | 23,9 | 29,1 | 24,2 | 20,1 |
| Ouvriers | 28,4 | 57,2 | 37,7 | 12,3 | 3,2 |
| Type de contrat | |||||
| À durée limitée | 14,9 | 17,1 | 17,1 | 15,6 | 9,9 |
| À durée illimitée | 85,1 | 82,9 | 82,9 | 84,4 | 90,1 |
| Secteur d’activité | |||||
| Agriculture | 0,9 | 1,9 | 1,1 | 0,4 | 0,1 |
| Industrie | 16,6 | 24,7 | 15,4 | 11 | 14,5 |
| Construction | 7,8 | 15 | 6 | 5,1 | 4,6 |
| Commerce ; réparation d’automobiles et de motocycles | 16,1 | 16,1 | 22,2 | 15,2 | 10,7 |
| Transports et entreposage | 9,2 | 11,9 | 12,4 | 7,4 | 5,1 |
| Hébergement et restauration | 4,1 | 5,1 | 5,5 | 3,4 | 2,4 |
| Autres services marchands | 28,9 | 12 | 19,4 | 39,4 | 46,4 |
| Santé humaine et action sociale | 11,4 | 12,8 | 14 | 10,8 | 7,7 |
| Autres services non marchands | 5 | 0,4 | 3,9 | 7,5 | 8,5 |
| Taille de l’établissement employeur | |||||
| Moins de 50 salariés | 36,6 | 37,7 | 36,5 | 39,3 | 33,1 |
| 50-199 | 28 | 29,6 | 34,9 | 23,3 | 23,5 |
| 200-499 | 15,7 | 17,1 | 14,8 | 14,4 | 16,3 |
| 500 et plus | 19,7 | 15,5 | 13,8 | 23 | 27,1 |
| Représentation du personnel | |||||
| Aucune instance représentative | 20,2 | 20,6 | 21,9 | 20,5 | 18,1 |
| Uniquement une instance élue | 27,8 | 28,5 | 29,4 | 28,8 | 24,8 |
| Au moins un délégué syndical | 51,9 | 50,9 | 48,8 | 50,8 | 57,2 |
| Présence de CHSCT ou CSSCT | |||||
| Oui | 60,2 | 58,4 | 57,8 | 60,8 | 64,1 |
| Non | 39,8 | 41,6 | 42,2 | 39,2 | 35,9 |
| Ensemble | 100 | 100 | 100 | 100 | 100 |
| Part de chaque groupe | 100 | 26,5 | 25,6 | 22 | 25,9 |
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Qu’est-ce que la pénibilité au travail ? Définition et enjeux
La pénibilité au travail est définie par le Code du travail comme l’exposition à des facteurs de risques professionnels susceptibles de laisser des traces durables, identifiables et irréversibles sur la santé des salariés. Ces facteurs, liés à des contraintes physiques marquées, à un environnement physique agressif ou à certains rythmes de travail, sont reconnus pour leur impact négatif sur la santé et l’intégrité physique des travailleurs exposés.
Pour les salariés, les enjeux sont considérables : l’exposition prolongée à ces facteurs engendre une usure professionnelle prématurée, des maladies professionnelles et une dégradation de la qualité de vie au travail. Pour les entreprises, la pénibilité représente une obligation légale majeure impliquant la mise en place de mesures de prévention, l’évaluation rigoureuse des risques et la déclaration des expositions.
Le dispositif de prévention de la pénibilité a connu une évolution importante avec le passage du Compte Personnel de Prévention de la Pénibilité (C3P) au Compte Professionnel de Prévention (C2P) en 2017. Cette réforme a simplifié le système tout en maintenant l’objectif de protection des travailleurs exposés. Dans ce contexte, la grille d’évaluation de la pénibilité constitue un outil essentiel permettant de mesurer objectivement l’exposition aux facteurs de risques et de déterminer les droits des salariés.
Les 6 facteurs de pénibilité au travail en 2025
La réglementation française reconnaît actuellement six facteurs de risques professionnels au titre de la pénibilité au travail. Ces facteurs ont été réduits de dix à six lors de la réforme de 2017, dans un objectif de simplification et de ciblage sur les expositions les plus objectivement mesurables. Cette réduction a notamment exclu les facteurs jugés trop complexes à évaluer de manière standardisée.
Ces six facteurs se répartissent en trois catégories principales : les contraintes physiques marquées, l’environnement physique agressif et les rythmes de travail. Chaque catégorie regroupe des facteurs de risques spécifiques, associés à des seuils d’exposition précis qui déclenchent des obligations pour l’employeur et des droits pour les salariés exposés. Examinons en détail ces trois catégories et les facteurs qu’elles comprennent.
Contraintes physiques marquées
Cette première catégorie regroupe trois facteurs liés aux efforts physiques et aux postures contraignantes. Les manutentions manuelles de charges concernent le port de charges lourdes de manière répétée, typique dans les secteurs de la logistique, du BTP ou de la grande distribution. Les caristes, déménageurs et ouvriers du bâtiment sont particulièrement exposés à ce facteur.
Les postures pénibles englobent les positions maintenues prolongées en position forcée, accroupie ou à genoux. Les carreleurs, plombiers et mécaniciens automobiles travaillent fréquemment dans ces conditions inconfortables. Enfin, les vibrations mécaniques affectent principalement les conducteurs d’engins, les utilisateurs d’outils vibrants comme les marteaux-piqueurs ou les tronçonneuses. Ces trois facteurs génèrent des troubles musculo-squelettiques, des lombalgies chroniques et des pathologies articulaires qui peuvent devenir invalidantes avec le temps.
Environnement physique agressif
L’environnement physique agressif comprend deux facteurs de risques majeurs. L’exposition aux agents chimiques dangereux concerne les travailleurs manipulant des substances cancérigènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction. Les secteurs de l’industrie chimique, pharmaceutique, de la métallurgie ou encore du nettoyage industriel sont particulièrement concernés. Cette exposition peut entraîner des cancers professionnels, des maladies respiratoires chroniques ou des atteintes neurologiques.
Le second facteur concerne les températures extrêmes, qu’il s’agisse de chaleur ou de froid intense. Les travailleurs du BTP exposés aux intempéries, les personnels des chambres froides dans l’agroalimentaire, les fondeurs ou les boulangers subissent régulièrement ces contraintes thermiques. Les risques sanitaires associés incluent les troubles cardiovasculaires, l’hypothermie, les coups de chaleur et l’aggravation de pathologies préexistantes.
Rythmes de travail
Depuis la réforme de 2017, seul le travail de nuit subsiste comme facteur de pénibilité lié aux rythmes de travail. Le travail en équipes successives alternantes et le travail répétitif, initialement inclus dans les dix facteurs originels, ne sont plus comptabilisés au titre du C2P, bien qu’ils demeurent des facteurs de risques à évaluer dans le Document Unique.
Le travail de nuit concerne toute activité exercée entre 21 heures et 6 heures du matin, selon des seuils définis par la réglementation. Les infirmières, agents de sécurité, chauffeurs routiers, boulangers et personnels de l’industrie en continu sont typiquement exposés à ce facteur. Le travail de nuit perturbe les rythmes biologiques naturels, augmente les risques de troubles du sommeil, de maladies cardiovasculaires, de troubles métaboliques et peut avoir des répercussions sur la santé mentale des travailleurs concernés.
Grille d’évaluation de la pénibilité : seuils réglementaires et critères
La grille d’évaluation de la pénibilité repose sur un principe fondamental : chaque facteur de risque est associé à des seuils d’exposition précis, définis par décret, qui déterminent si un salarié doit bénéficier du dispositif de prévention. Ces seuils combinent généralement une intensité minimale d’exposition et une durée annuelle, permettant d’identifier les situations de pénibilité réelle et durable.
L’application de cette grille nécessite une mesure objective et traçable de l’exposition de chaque salarié. Il ne s’agit pas d’une appréciation subjective, mais d’une évaluation basée sur des données concrètes : relevés de temps, mesures physiques, analyses d’ambiance ou documents de suivi. Cette rigueur méthodologique garantit l’équité du dispositif et protège tant les salariés que les employeurs. La documentation précise de ces expositions est essentielle pour répondre aux obligations légales et permettre aux salariés de faire valoir leurs droits.

