La diversification patrimoniale ne se limite plus aux seuls marchés financiers cotés. Parmi les classes d’actifs qui retiennent l’attention des investisseurs disposant d’un patrimoine conséquent, le private equity occupe une place particulière : il consiste à investir directement dans le capital d’entreprises non cotées en bourse. Longtemps réservé aux investisseurs institutionnels, cet accès s’élargit progressivement à une clientèle privée avertie. Quelle place ce type d’investissement peut-il occuper aux côtés de placements plus traditionnels ?

Private equity : une classe d’actifs à part

Un investissement dans le non coté

Le private equity, ou capital-investissement, consiste à prendre une participation directe dans le capital d’une entreprise qui n’est pas cotée en bourse. À la différence de l’achat d’actions sur un marché réglementé, cet investissement s’effectue en dehors de toute plateforme de négociation organisée, le plus souvent par l’intermédiaire de fonds spécialisés qui réunissent les apports de plusieurs investisseurs pour les orienter vers des entreprises en développement, en croissance ou en transmission.

Cette forme d’investissement répond à une logique distincte de celle des marchés cotés : l’investisseur ne recherche pas une négociabilité immédiate de ses titres, mais participe, sur plusieurs années, au financement et à la valorisation d’entreprises non cotées. Compte tenu de la technicité de cette classe d’actifs, son intégration dans un patrimoine s’appuie généralement sur un accompagnement dédié en private equity, permettant d’apprécier sa pertinence au regard du profil et des objectifs de chaque investisseur.

Un horizon de placement long

Le private equity se distingue également par la durée sur laquelle les capitaux sont engagés. Les fonds de capital-investissement s’inscrivent généralement dans une durée de vie de plusieurs années, pendant laquelle les sommes investies restent immobilisées : les entreprises financées ont besoin de temps pour se développer avant qu’une cession ou une introduction en bourse ne permette de valoriser la participation initiale.

Cette caractéristique implique d’envisager le private equity dans une perspective de long terme, sans recherche de liquidité à court ou moyen terme. Cette illiquidité constitue l’une des spécificités structurantes de cette classe d’actifs, à prendre en compte au même titre que son potentiel de performance.

Un profil de risque et de performance spécifique

Le private equity présente un profil de risque qui lui est propre, structuré autour de plusieurs caractéristiques :

  • l’absence de cotation quotidienne, qui rend la valorisation des participations moins immédiate que pour un actif coté,
  • une performance dépendante de la capacité des entreprises financées à se développer conformément aux perspectives envisagées lors de l’investissement,
  • un risque de perte en capital, inhérent à tout investissement en fonds propres.

En contrepartie de cette prise de risque et de l’immobilisation des capitaux, le private equity vise une performance potentiellement supérieure à celle des marchés cotés sur longue période, sans que cette performance ne soit garantie. Une étude de l’Autorité des marchés financiers souligne le poids croissant de cette classe d’actifs dans le système financier, ainsi que les enjeux de transparence et de suivi des risques qu’elle soulève pour les investisseurs.

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Le private equity dans une allocation diversifiée

Compléter les marchés cotés

Intégré à une allocation patrimoniale, le private equity occupe une place distincte de celle des actions ou obligations cotées. Son évolution de valeur n’est pas directement corrélée aux variations quotidiennes des marchés financiers, dans la mesure où les participations ne sont pas valorisées en continu par la confrontation de l’offre et de la demande sur un marché organisé.

Cette caractéristique en fait un complément possible aux classes d’actifs traditionnelles au sein d’un patrimoine diversifié, plutôt qu’un substitut à ces dernières. Le capital-investissement finance par ailleurs des entreprises non cotées, souvent des petites et moyennes entreprises ou des entreprises de taille intermédiaire, qui constituent une part importante du tissu économique et n’ont pas nécessairement accès aux mêmes ressources que les sociétés cotées.

Adapter la part de non coté à son profil d’investisseur

La part que représente le private equity au sein d’un patrimoine ne peut pas être définie de manière uniforme. Plusieurs éléments entrent en compte pour l’apprécier :

  • l’horizon de placement disponible, compte tenu de la durée d’immobilisation propre à cette classe d’actifs,
  • la tolérance au risque de l’investisseur, notamment face à l’absence de valorisation continue,
  • la structure globale du patrimoine, et la part qu’il est cohérent d’allouer au non coté par rapport aux autres classes d’actifs déjà détenues,
  • la capacité d’épargne ou d’actifs liquides disponibles pour faire face aux besoins courants, indépendamment des sommes engagées en private equity.

Cette réflexion s’inscrit dans une approche patrimoniale globale, où le private equity vient compléter d’autres classes d’actifs plutôt que les remplacer, dans une proportion cohérente avec les objectifs et l’horizon propres à chaque investisseur.

Un accompagnement pour intégrer cette classe d’actifs

Compte tenu de la diversité des véhicules d’investissement, des durées d’engagement et des profils d’entreprises financées, l’intégration du private equity dans une stratégie patrimoniale gagne à s’appuyer sur une analyse approfondie de la situation de chaque investisseur. Cette analyse porte notamment sur l’horizon de placement disponible, la part que peut représenter le non coté au sein d’un patrimoine diversifié, et la cohérence de ce choix avec les autres investissements déjà détenus.

Le private equity ne constitue ainsi ni une solution universelle ni un placement à considérer isolément, mais une classe d’actifs dont la pertinence patrimoniale se construit au cas par cas, dans une vision d’ensemble du patrimoine.